
Si je joins cette pièce à mes archives familiales, c’est juste pour mettre en exergue un simple fait : la solidarité générationnelle bien comprise doit s’entendre à tous les niveaux.
Lorsque le présent décret a été pris le 19 août 1990, faisant temporairement de mon oncle Jean Florention Féliho le Premier ministre du Bénin par intérim, j’étais moi-même à la veille de partir en mission de coopération au Venezuela, pays où je séjournerai quatre années avec ma femme et mes deux garçons. Il est bien évident que mon oncle, qui ne m’avait plus revu depuis l’époque de Dakar où je n’étais qu’un petit enfant de dix ans à peine (1963-1964 ?), ne pouvait pas le connaître. Par contre, lorsqu’il est venu durant l’automne de la même année 1990 en visite officielle à Paris en sa qualité de ministre de l’intérieur, il a été reçu par M. Jacques Franquet qui était alors le chef de mon service de coopération de police. Franquet m’a confirmé, lors de son passage à Caracas quelques semaines plus tard, qu’il avait bien informé mon oncle de ma nouvelle situation professionnelle. En tant qu’aîné et responsable d’importance de mon clan familial, je me serais attendu à ce que Florentin prenne attache avec moi ; il en avait les moyens ! Mais, il n’en a jamais rien été jusqu’à sa mort en décembre 2010 ! Pour moi, il restera donc un illustre inconnu. Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Pont-Croix, 28 octobre 2026
